Bapak à Paris

Le fondement du latihan de subud est simplement la grâce de Dieu. Si c’est par elle que nous pouvons faire le latihan, et être entrainés par le latihan, alors c’est vers Dieu que se trouve la direction du latihan. Le fondement et la direction ne font qu’un. Dieu nous enseigne et nous indique la direction pour aller vers lui. (Bapak, Paris, 14 juillet 1964).

Lors de ces multiples voyages autour du monde, afin d’apporter conseils et explications aux membres Subud du monde entier, Bapak vint cinq fois à Paris (novembre 1959, juillet 1964, avril 1967, août 1970 et 1977). Plusieurs conférences en témoignent (dont le recueil traduit en français : Bapak en France). Les archives ASF contiennent également d’autres traces de ses visites, notamment des photos. Ces photos ont été prises par Léona S., membre née en Allemagne et qui vécut une partie de sa vie à Paris jusqu’à son décès en 2002. Parmi celles-ci, de rares négatifs dont une pellicule de format 24x36mm et un grand format 60x70mm. A part le grand format la plupart des vues n’ont jamais fait l’objet de tirage papier.

Que voyons-nous ?

BPK PARIS 01

En avril 1967 Bapak et ses proches (Ibu, Ismana, Tuti, et Mastuti) posent devant l’objectif. Ils sont sur le parvis du Trocadéro. Derrière eux et au loin, estompée par une légère brume se dresse la tour Eiffel. Le temps est encore frais et tous sont vêtus de manteaux ou de pardessus. Bapak porte un chapeau. Les femmes portent un foulard noué autour du cou ou sur leur tête. Ils sont debout, seule Ibu est assise. La photo est emblématique : Bapak et sa famille devant ce monument qui se dresse vers le ciel, et qui est connu à travers le monde comme un symbole de Paris.

BPK PARIS 02

En 1964, c’est un reportage dans un registre plus familier qui montre des instants de la vie de Bapak, de ceux qui l’accompagnent, et des personnes venues l’écouter, lors de son séjour qui dura du 9 au 18 juillet. Nous sommes à l’entrée du bâtiment où va se dérouler la conférence. Une Citroën DS de couleur claire arrive conduite par une jeune femme. A sa droite un homme. A l’arrière, assis de droite à gauche : Bapak, Usman (traducteur de Bapak) et Asikin (un aide de Bapak). Le flanc de la voiture est éraflé. Un homme est debout près du véhicule, chaussé de pantoufles à motifs qui rendent étrange sa tenue. La portière arrière ouverte, Bapak sort de la voiture en souriant. Il tient une cigarette à la main, franchit le seuil d’une démarche élégante, suivis d’Usman et d’Asikin.

BPK PARIS 03

Pour ce qui est de l’essentiel, la conférence, nous n’avons aucune vue, mais nous disposons de sa transcription (voir recueil cité plus haut). Plus tard lors d’une pause nous pouvons reconnaître parmi les personnes présentes, Vavindra Vittachi, John Bennett, Richard Engels, et d’autres membres moins connus. Ils discutent, sourient, fument. Le temps est chaud et ils sont heureux d’être là.

BPK PARIS 04

Quelques jours plus tard, nous sommes à l’aéroport d’Orly, dans les salons d’attente avant l’embarquement pour Genève. Bapak et ses proches attendent l’heure du départ. Des membres sont venus les accompagner. Bapak attend silencieux, ou il parle avec Usman, feuillette un album de bande dessinée de Hergé (une aventure de Tintin et Milou). Puis c’est l’heure de partir, un dernier sourire, un signe de la main, la descente de l‘escalier d’embarquement, et le bus les emmène sur la piste jusqu’à l’avion.

BPK PARIS 05

Pour Bapak, le voyage continue. Selon une estimation, au cours de sa vie il aura parcouru près de 800 000 km partageant sans relâche le don du latihan avec des personnes du monde entier. Sur ce long périple Bapak se sera arrêté cinq fois à Paris, et nous pensons à lui avec une profonde reconnaissance.

Irfan (texte) et Léona S. (photos)